mercredi 26 avril 2017
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Le Brésil mise sur l’agrobusiness et se rêve en grenier et étable du monde

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Le Brésil mise gros sur le secteur stratégique de l’agro-business. Malgré des inquiétudes environnementales, et malgré la crise budgétaire qu’il traverse, le géant sud-américain ouvre un nouveau front agricole, débloque des fonds pour le secteur et se rêve en grenier et en étable du monde.

Avec son territoire grand comme deux fois l’Union Européenne et son climat qui rend possible plusieurs récoltes dans la même année, le pays-continent est le champion du monde de la culture de café, de sucre et de jus d’orange ainsi qu’un poids-lourd pour la production de soja, de maïs et de viande de boeuf.

Un récent rapport de la FAO et de l’OCDE imagine la septième économie du monde en premier fournisseur de produits agricoles de la planète (dépassant les États-Unis) en 2024, en répondant notamment à l’appétit grandissant des Asiatiques pour les protéines.

Au niveau national, dans une économie en récession depuis près d’un an, le secteur primaire représente 13% des emplois et maintient la balance commerciale hors de l’eau (le Brésil a exporté pour 89,5 milliards de dollars en 2013, soit 36% des ventes à l’étranger).

Cette dépendance aux exportations peut inquiéter alors que les cours des matières premières dégringolent et que la croissance de la Chine, boulimique du soja brésilien, affiche une économie en décélération.

Mais en attendant la mise en oeuvre d’une autre politique économique, l'agricole reste ultra-prioritaire.

- pas de coupes budgétaires -

Les aides au secteur sont ainsi les rares à avoir augmenté cette année. Le montant du "Plan Agriculture et Elevage" a bondi de 20% par rapport à l’an dernier et s’élève à 187,7 milliards de réais (543 millions d’euros) alors que la tendance est aux coupes budgétaires tous azimuts.

A travers des prêts à taux avantageux, les moyens et grands agriculteurs sont incités à acheter du matériel, projeter des plantations d’arbres, améliorer la productivité de leurs élevages ou encore renouveler leurs plantations de canne à sucre.

"La production brésilienne de grains doit augmenter de près de 60 millions de tonnes d’ici 10 ans" (céréales et oléagineux représentent pour l’instant 200 millions de tonnes), et "la production de viandes de 7,9 millions de tonnes, soit une hausse de 30,7% par rapport à 2014-15", selon un communiqué du Ministère de l’Agriculture du 9 juillet.

- nouveau front agricole -

Pour relever ce défi titanesque, le pays compte sur des gains de productivité. Avec l’aide puissante de l’Embrapa, l’institut national de recherche agricole, il veut intensifier l’usage des technologies dans les cultures et augmenter la concentration du bétail sur les pâturages, qui plafonne aujourd’hui à une bête par hectare.

Mais cette croissance agricole à marche forcée inquiète les défenseurs de l’environnement. Le pays est le premier consommateur mondial de produits phytosanitaires, produit du soja OGM à 92% et ne cesse d’augmenter les surfaces consacrées à l’agriculture.

Bien que le code forestier limite officiellement les coupes en Amazonie, la déforestation progresse à la faveur du manque de contrôles dans cette région impénétrable. Plus de 1.700 km2 d’arbres ont disparu en Amazonie brésilienne entre août 2014 et février 2015, soit la surface de l’Ile Maurice. Une fois les trafiquants de bois passés, les zones "ouvertes" se transforment en champs ou en pâtures.

La ministre de l’agriculture, Katia Abreu, fervente défenseure de l’agro-business, a également lancé l’assaut vers ce qu’elle appelle "la dernière frontière agricole en expansion dans le monde" : la région baptisée Matopiba, pour son emplacement aux confins des régions de Maranhao, Tocantins, Piaui et Bahia, dans le nord-est du pays.

Greenpeace craint que cette intensification de la production se fasse au détriment du cerrado, un écosystème de savane extrêmement riche en biodiversité mais peu connu et bien moins protégé que l’Amazonie.

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